Introduction

Un livre sur le sentiment amoureux habitant une ville, « la » ville pourrait-on dire pour Paris. Voici un beau défi pour un essai d’histoire culturelle, tissé de lectures, d’émotions…Mais un tel livre peut-il être « aveugle » ? Les contraintes éditoriales privent souvent les ouvrages contemporains d’un formidable coffre aux trésors, dont la virtualité d’une galerie numérique peut désormais déployer le contenu. Entièrement dédiée aux images, il était naturel que la composante ISOR (Société & Représentations) soit l’espace d’une initiative consistant à assortir l’ouvrage de Dominique Kalifa d’une promenade à travers des images restituant une part du Paris amoureux, du Paris des amoureux. Là où l’auteur donne chair à l’Histoire pour lui donner vie, notre plaisir de lecture nous a poussé à plus modestement l’illustrer pour lui donner vue.

Pourtant, si les images nourrissent nos désirs et nos réminiscences, elles ont désormais un prix et constituent un marché, souvent âpre, fourmillant de copyrights de tout poil et d’ayant-droits sourcilleux. Si l’ouvrage de Dominique Kalifa déploie son investigation dans un dix-neuvième siècle à ce point érudit et démesuré qu’il déborde jusqu’aux années 60, nous avons dû renoncer au surréalisme, à la photographie des années 30, aux mille facettes du premier cinéma – le meilleur. Comme les souvenirs d’un amnésique, ces images trop récentes sont prisonnières car trop souvent hors de prix.

Nous nous sommes donc contentés des reproductions imprimées du siècle de la « Civilisation-Journal ». Lorsque l’auteur s’ingénie à pousser son enquête au cœur des cœurs mêlés, des bancs publics et des petits coins de parapluie propres aux instants suspendus, il nous a mis au défi de dénicher l’estampe correspondante, si ce n’est au motif près, du moins à l’esprit du fil des pages.

Plaisir propre à l’iconographe, qui complètera, nous l’espérons, les efforts du livre pour nous donner envie de reprendre nos ballades, nos lectures et redécouvrir un peu de notre imaginaire.

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